Le Figaro «Je défends un projet de rupture»

Eric Ciotti, le candidat LR à la primaire entend imposer ses thèmes à droite.

LE FIGARO.- Le parti a acté une double option pour choisir le candidat à la présidentielle. Est-ce que cela vous convient?

Éric CIOTTI.- Je fais confiance à Christian Jacob et au bon sens des militants animés par un profond désir de victoire pour redresser la France. Je sais que les idées que je porte dans cette élection sont très largement majoritaires parmi les électeurs de droite mais aussi les Français. Je suis convaincu qu’aucun candidat ne pourra gagner en les ignorant. C’est la clé de la victoire.

Qu’est-ce qui vous différencie des autres candidats?

Face au déclin et au déclassement de la France, je ne crois pas à un projet qui modifie simplement le degré des politiques. Je défends un projet de rupture. Notre pays traverse une crise inédite, nous sommes confrontés à une guerre de civilisation. Il nous faut entrer en résistance contre le déclin et construire une nouvelle espérance, il faut des idées fortes et inédites. Ma campagne est clairement à droite et repose sur le triptyque: autorité, liberté et identité. Je suis le candidat qui fermera le robinet d’eau tiède. Je veux imposer des idées qui nous forcent collectivement à tourner le dos au politiquement correct. En 2017, je n’ai pas voté pour M. Macron au second tour, j’ai voté blanc. Je m’engage sur une ligne de clarté rejetant toute forme d’alliance avec le macronisme qui a tant abîmé et fractionné la France. Nos électeurs ne peuvent être trompés en la matière. J’attends de mes concurrents qu’ils prennent le même engagement.

La France telle qu’on l’aime et qu’on l’a connue risque de disparaître. L’islamisme radical qui nous a déclaré une guerre sans merci vise à nous imposer un nouveau mode de vieÉric Ciotti

Pourquoi un électeur voulant «un projet de rupture» voterait pour vous plutôt que pour Éric Zemmour?

Je ne suis pas un commentateur de la vie politique, mais un acteur déterminé. Je ne fais pas que penser à droite, j’agis à droite. Beaucoup ont parlé de la suppression des allocations familiales en cas de délinquance, je l’ai fait voter à l’Assemblée en 2010. Beaucoup ont parlé d’un encadrement militaire pour les mineurs délinquants, je l’ai fait en 2011. À la tête du département des Alpes-Maritimes pendant dix ans, j’ai diminué la dépense publique, la dette, et baissé les impôts de plus de 15 %.

Vous redoutez une «guerre de civilisation». Comment la combattre?

La France telle qu’on l’aime et qu’on l’a connue risque de disparaître. L’islamisme radical qui nous a déclaré une guerre sans merci vise à nous imposer un nouveau mode de vie. Si nous en sommes arrivés là, c’est que l’assimilation républicaine autour de l’école ne fonctionne plus. Il faut arrêter l’immigration de masse qui tend à devenir une «immigration invasion», comme le disait le président Giscard d’Estaing, rendant impossible l’assimilation de populations qui considèrent que leur culture d’origine doit s’imposer chez nous. Je propose le retour au droit du sang, des quotas migratoires, la fin du regroupement familial, l’expulsion systématique des étrangers condamnés, la mise en rétention préventive des demandeurs d’asile issus de pays sûrs. Je propose le recours aux référendums pour agir enfin. Je souhaite qu’on fige notre identité en inscrivant les racines judéo-chrétiennes dans la Constitution pour éviter que demain l’exigence d’une laïcité plus combative ne remette en cause des pratiques ou des traditions qui ne posent aucun problème.À LIRE AUSSIImmigration, islam: les propositions des candidats déclarés à droite

Emmanuel Macron a présenté ses propositions sur la sécurité. N’y a-t-il pas beaucoup de choses que vous défendiez?

C’est au crépuscule de son quinquennat que le président procrastineur parle enfin de sécurité. C’est une supercherie, rien d’essentiel n’a été fait en la matière depuis quatre ans. Ce discours pâtit de deux lacunes majeures: rien sur la réponse pénale, rien sur l’immigration cause de l’insécurité. Il faut arrêter de faire porter le poids de l’augmentation de la violence dans notre pays sur la seule police. Il aurait été plus inspiré de proposer des peines planchers à l’encontre des auteurs d’agression contre les forces de l’ordre.

Votre programme économique est très proche de celui de François Fillon. Est-ce toujours pertinent après le Covid?

Le projet économique de François Fillon était un excellent projet pour la France. Je l’ai soutenu jusqu’au bout, par loyauté et fidélité. Je revendique le fait d’en reprendre l’essentiel, retour aux 39 heures, retraite à 65 ans… Je veux l’adapter à la situation d’asphyxie des classes moyennes. Je propose la fin de l’impôt sur les successions et les donations à l’exception de très gros patrimoines, il est temps de mettre fin à cette injustice d’un impôt sur la mort particulièrement injuste et de favoriser la transmission de l’épargne notamment entre grands-parents et petits enfants. Je propose une flat tax avec un seul taux d’imposition sur le revenu à 15 %.

Lien court : http://eciotti.fr/qz4

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