Attentat antisémite de la rue des Rosiers – lettre à Emmanuel Macron

M. le Président de la République,

37 ans presque jour pour jour après l’attentat de la rue des Rosiers qui fit six morts et 22 blessés, les auteurs de cet odieuse attaque barbare n’ont toujours pas été punis par la justice.

Le 9 août 1982, plusieurs terroristes mitraillèrent le restaurant Jo Goldenberg dans le quartier du Marais, à Paris, ressuscitant la haine antisémite qui hantait encore la France quelques années après la guerre.

Depuis, l’enquête a longtemps piétiné et continue d’alimenter les doutes et la chronique médiatique, alors que les commémorations se succèdent chaque année en mémoire des victimes.

Ce terrible souvenir de l’attentat pour les familles et les proches des victimes, auxquels je pense aujourd’hui, s’accompagne aujourd’hui d’une douleur supplémentaire à travers les révélations fracassantes de l’ancien directeur de la DST Yves Bonnet.

Interrogé le 30 janvier dernier par le juge d’instruction chargé de l’enquête, il aurait affirmé avoir noué un marché non écrit avec le groupe terroriste palestinien Abou Nidal en leur garantissant l’absence de poursuites judiciaires en échange d’un engagement à ne plus commettre d’attentats.

Ses mots sont glaçants: « On a passé une sorte de deal verbal en leur disant: ‘Je ne veux plus d’attentat sur le sol français et en contrepartie, je vous laisse venir en France, je vous garantis qu’il ne vous arrivera rien' », a-t-il raconté aux juges. Si cet accord secret existe vraiment, ce serait alors un vrai scandale d’Etat et une injure à la mémoire des victimes.

Ce pacte insupportable explique-t-il la lenteur et les atermoiements de la justice depuis tant d’années?

Aujourd’hui comme hier, la France a le devoir de refuser de négocier avec les terroristes qui ont abattu de sang-froid des citoyens français. Aujourd’hui comme hier, on ne négocie pas avec les barbares antisémites qui veulent détruire notre pays et notre civilisation.

Aussi je vous demande, Monsieur le Président de la République, d’obtenir la levée du secret défense dans cette affaire et de demander aux autorités concernées de déclassifier les documents nécessaires.

37 ans après cette tragédie notre pays a besoin de vérité et les familles de victimes la réclament logiquement. Le Conseil représentatif des institutions juives de France est intervenu à ce sujet et je soutiens évidemment cette démarche menée par son président Francis Kalifat.

Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.

Lien court : http://eciotti.fr/rf4

Aucune réaction

Réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *