Interview Paris Match : « Le macronisme est une supercherie »

Paris Match. Que vous inspire le nouveau ministre de l’Intérieur, très actif sur le terrain depuis sa nomination?
Eric Ciotti. Christophe Castaner est le représentant de l’aile gauche de la majorité dont il partage le laxisme idéologique. Sa comparaison choquante entre le voile islamique et les voilettes que portaient nos grands-mères à l’église témoigne de son aveuglement face au communautarisme qui gangrène nombre de nos quartiers. Le ministre de l’Intérieur incarne l’angélisme socialiste qui refuse d’affronter la réalité de notre pays menacé par l’islamisme et les narcotrafiquants, comme l’a reconnu lors de son départ Gérard Collomb.

Le macronisme est une supercherie. Nos concitoyens le mesurent chaque jour un peu plus. D’ici à quelques années, ce quinquennat se résumera au selfie à Saint-Martin et au groupe de rap qui pose sur les marches de l’Elysée. Les Français sont saturés de slogans creux, d’images vides. Ils attendent des décisions fortes. Après dix-huit mois de pouvoir, il est urgent de passer aux actes.

« Plutôt que de pratiquer la diplomatie de l’insulte en stigmatisant la ‘lèpre populiste’, Emmanuel Macron devrait faire preuve de pragmatisme »

La vidéo du lycéen braquant une enseignante fera-t-elle détonateur?
J’ai déposé, il y a quelques jours sur le bureau de l’Assemblée nationale, deux propositions de loi visant à supprimer les allocations familiales aux parents dont les enfants se rendraient coupables d’absentéisme ou de comportements perturbateurs et violents à l’école. J’avais porté une loi identique en 2010, mais elle a été abrogée par François Hollande en 2013. Aujourd’hui, le gouvernement est au pied du mur. Je dis «chiche» à Jean-Michel Blanquer pour rétablir cette loi.

Les tensions entre l’Italie et la France à propos des migrants témoignent d’un durcissement entre les deux pays?
Je suis élu des Alpes-Maritimes. Dans ce département, 50 000 étrangers ont été reconduits à la frontière en 2017, et 25 000 cette année. Ce travail s’est toujours fait grâce à la parfaite coopération de la police italienne. Plutôt que de pratiquer la diplomatie de l’insulte en stigmatisant la «lèpre populiste», Emmanuel Macron devrait faire preuve de pragmatisme : si l’Italie décidait d’ouvrir ses frontières avec la France, plusieurs centaines de milliers d’étrangers pourraient arriver sur notre sol.

Comment se préparent, dans un tel climat, les élections européennes?
Les Républicains défendront une Europe moins naïve qui se donnera les moyens de protéger ses peuples. Je récuse le clivage dangereux installé par le président entre «progressistes» et «nationalistes». On peut être européen et défendre son pays. De ce point de vue, le refus du politiquement correct de Laurent Wauquiez finira par être efficace. Notre famille politique est la seule à pouvoir incarner l’alternance. Et les Français le sentent

Lien court : http://eciotti.fr/hF3

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