La gravité de la situation devrait nous inciter à réduire drastiquement l’immigration

La gravité de la situation devrait nous inciter à réduire drastiquement l’immigration

Le député LR niçois est en première ligne dans la bataille lancée par la droite contre le projet de loi Asile et Immigration. Pour lui cette dernière doit être limitée de façon bien plus ferme.

La ministre Jacqueline Gourault a réfuté la mise en œuvre d’un plan de régularisation massive des sans-papiers. Pourquoi vous crispez-vous à ce point sur cette question ?

Ce qui est sûr c’est que Monsieur Collomb et Madame Gourault refusent de répondre à cette question que je lui ai posée à l’Assemblée nationale. Quand c’est flou c’est qu’il y a un loup !

On voit bien qu’au-delà de l’affichage de fermeté, il y a comme toujours de la part du gouvernement une volonté d’ouvrir le robinet d’eau tiède. Beaucoup de concessions sont faites à l’aile gauche de la majorité. Le journal Le Monde a révélé des négociations secrètes entre le ministre de l’Intérieur et les députés LREM, parlant de 10 % de régularisation des clandestins après le vote du texte. Quand on sait qu’il y a au moins 400 000 clandestins dans notre pays, on mesure la supercherie du discours du gouvernement. En fait ce texte et les débats à l’Assemblée nationale démontrent que Collomb est un faux dur.

10 % de régularisation, c’est peu ou prou la moyenne de ces dernières années. Est-ce vraiment la mer à boire?

Sur la durée de la présidence Hollande, 180 000 régularisations de clandestins ont eu lieu. Ce n’est pas rien ! Les régularisations lancent un message extrêmement dangereux. Et bien on va continuer dans cette folie.

Si tous ceux qui veulent venir en France savent qu’au mieux ils seront régularisés, qu’au pire ils ne seront pas expulsés et que, cerise sur le gâteau, ils pourront obtenir la nationalité française sans donner des signes d’attachement à la France, cela signifie que les flux vont continuer à augmenter. En fait, on voit bien que le gouvernement est dans la continuité de la politique socialiste d’une extraordinaire naïveté conduite ces dernières années, alors que la gravité de la situation devrait nous inciter à réduire drastiquement l’immigration en France.

Mais si le gouvernement veut aujourd’hui donner quelques gages sur sa gauche, c’est aussi parce que cette loi penche plutôt à droite sur plusieurs points, comme la réduction des délais de traitement des demandes d’asile…

Comme sur la loi terrorisme, on est uniquement dans l’affichage. C’est du baratin ! On ne pourra pas réduire les délais en complexifiant les procédures. Cette loi ne changera absolument rien. Au mieux elle est inutile mais je crains qu’elle soit dangereuse. Elle contient, en effet, des mesures potentiellement explosives, notamment l’élargissement du regroupement familial aux frères et aux sœurs pour les mineurs réfugiés. Cette disposition va amener à nos frontières encore plus de mineurs exploités par des filières de traite des êtres humains. C’est totalement irresponsable.

Les 12 propositions que vient d’émettre Laurent Wauquiez sur l’immigration sont sans surprise. Même la restriction du droit du sol, qu’il présente comme une nouveauté, avait déjà été évoquée par Copé et Sarkozy, notamment…

Nous n’avons malheureusement pas pu appliquer ces propositions du fait de nos défaites en 2012 et 2017. Laurent Wauquiez aborde des sujets dont personne n’avait osé parler, je pense au retour de la double peine et à la volonté de dire que notre pays ne peut plus accueillir tous ceux qui menace la France et en premier lieu bien sûr les islamistes. Nous devons avoir la volonté d’expulser ceux qui mettent en danger les valeurs de la République. Je pense également à la nécessité de revenir sur l’application systématique du droit du sol et notamment pour les enfants de clandestins.

La double peine est aujourd’hui peu appliquée, mais existe déjà dans notre arsenal juridique…

Ce que nous demandons, c’est un dispositif analogue aux peines planchers : pour tout étranger condamné, l’expulsion doit être la règle. Ce n’est aujourd’hui quasiment jamais le cas. Monsieur Collomb s’est glorifié d’avoir expulsé 20 étrangers radicalisés alors qu’on en dénombre 3 000. C’est dire son efficacité téméraire. J’ai, pour ma part, proposé que ces 3 000 étrangers inscrits au fichier des signalés pour la radicalisation terroriste islamiste soient expulsés. Je propose également que les étrangers incarcérés puissent purger leur peine dans leur pays d’origine.

Les propositions de Laurent Wauquiez ont déjà suscité quelque émoi parmi les modérés de LR. Comment allez-vous gérer les divergences ?

Dans la fidélité à nos valeurs et à nos convictions. Ces mesures, j’en suis convaincu, sont indispensables pour que la France reste la France. Certains chez nous ont des arrière-pensées politiques. Moi, mes seules pensées sont tournées vers la France. Il faut avoir le courage de dire que si nous n’agissons pas aujourd’hui avec la fermeté qui s’impose, notre pays sera emporté dans un modèle communautaire que je récuse. Quand je vois ce qu’il se passe à Nice dans certains quartiers, et notamment aux Liserons, totalement ghettoïsé, livré à la loi de bandes ethniques et mafieuses, je me dis qu’il est déjà tard. Certains ont des pudeurs de violette et renient ce qu’ils ont prôné auparavant derrière Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas mon cas.

Interview parue dans Nice Matin le 21 avril 2018

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