Terrorisme: Emmanuel Macron est un tigre de papier

Terrorisme: Emmanuel Macron est un tigre de papier

En matière de lutte anti-terroriste, Emmanuel Macron est un tigre de papier. Sa volonté de se priver des procédures de l’état d’urgence relève d’une naïveté coupable. Retrouvez mon interview publiée aujourd’hui dans Le Figaro:

Comment expliquer que Radouane Lakdim, le terroriste de l’Aude, était fiché S depuis 2014?

Éric CIOTTI – Dans la plupart des attentats commis ou déjoués depuis 2017, nous sommes souvent confrontés au même type de profil. Ce sont des individus résidant sur le territoire national, d’origine étrangère, issus de la délinquance de droit commun et habitant pour la plupart dans des quartiers où la République a abdiqué. Ce profil est révélateur d’une menace nouvelle. Malgré la défaite territoriale de l’État islamique en Irak et en Syrie, le danger n’a jamais été aussi élevé. Si nous ne changeons pas nos méthodes de lutte, le pire sera devant nous. Selon les chiffres officiels, près de 20.000 personnes sont inscrites au fichier de signalement pour prévention et la radicalisation terroriste (FSPRT). Chacune représente potentiellement une bombe à retardement.

La France est-elle armée face à cette «menace nouvelle»?

Dans cette guerre que nous a déclarée la barbarie islamiste, nous avons en permanence un temps de retard. Il nous faut réarmer la nation contre le terrorisme: budgétairement, juridiquement et culturellement. En 2006, quelques centaines de personnes étaient dans les radars des services pour islamisme radical. Dix ans plus tard, leur nombre a été multiplié par quatre. Sur la même période, les effectifs de la DGSI ont progressé d’à peine 30 %. L’engagement de l’État pour la protection de la nation, lui, a été quasiment divisé par deux en cinquante ans. Dans les années 1960, nous consacrions 6,5 % du PIB à la défense, à la sécurité et à la justice. Aujourd’hui, c’est à peine 3,19 %. Je propose qu’au-delà des postures et des hommages répétés, nous décidions enfin, dans un réflexe d’unité nationale, de donner à notre pays les moyens de se défendre.

«L’état d’urgence n’est pas la panacée, mais il nous offrait des outils susceptibles de déjouer des attentats»

En octobre, le Parlement a pourtant voté sa 14e loi antiterroriste?

J’ai voté les treize lois précédentes, mais pas cette dernière loi qui a dégradé, pour la première fois depuis 2012, notre degré de protection, contrairement à ce qu’a voulu faire croire Macron. Cette loi n’a eu pour seul objectif que de faire sortir notre pays de l’état d’urgence. Ce fut une erreur et une faute. L’état d’urgence n’est pas la panacée, mais il nous offrait des outils susceptibles de déjouer des attentats. Entre le 13 novembre 2015 et le 1er novembre 2017, date d’application de l’état urgence, il a permis 4600 perquisitions administratives, 430 gardes à vue, la saisie de 600 armes, 715 assignations à résidence, l’ouverture d’une trentaine de procédures judiciaires.

Depuis le 1er novembre, le nouveau dispositif n’a permis, lui, que 6 visites domiciliaires en cinq mois. Il n’y a aujourd’hui plus que 18 mesures individuelles de contrôle administratif. Cela démontre qu’en matière terroriste Macron est un tigre de papier. Sa volonté de se priver des procédures de l’état d’urgence relève d’une naïveté coupable. Après le drame de vendredi, il faut déclarer à nouveau l’état d’urgence.

Il faut expulser immédiatement de notre territoire tous les étrangers inscrits au FSPRT et représentant une menace grave pour l’ordre public

Quels outils juridiques acquérir?

Nos concitoyens ne comprennent plus que nos services très performants identifient les individus dangereux, les fameux fichés S, mais que nous soyons incapables de les empêcher d’agir. Il faut donc changer radicalement de cadre. Deux actions immédiates s’imposent.

Il faut d’abord placer en rétention administrative ceux qui représentent une menace imminente et maximale. Et, il faut expulser immédiatement de notre territoire tous les étrangers inscrits au FSPRT et représentant une menace grave pour l’ordre public. Il est absurde de délivrer un titre de séjour ou de conserver sur notre territoire des étrangers dont on connaît la dangerosité. Il faut enfin un réarmement culturel en réaffirmant notre laïcité. Sur ce sujet, Macron a une nouvelle fois reporté son discours. On sent chez lui une gêne face au communautarisme islamiste qui me paraît extraordinairement dangereuse.

Lien court : http://eciotti.fr/gKi
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