Expulsions des étrangers délinquants : Eric Ciotti reconnaît les « intentions louables » mais exprime « son scepticisme sur l’action » d’Emmanuel Macron

Lors de son entretien télévisé sur TF1, dimanche 15 octobre, Emmanuel Macron a défendu l’expulsion de tout étranger en situation irrégulière ayant commis un acte délictueux sur le sol français.

Je veux tout d’abord rappeler que la vocation d’un étranger en situation irrégulière est d’être éloigné du territoire. Le véritable courage serait d’expulser les étrangers en situation régulière qui commettent des actes délinquants et sont condamnés à des peines de plus de cinq ans, ou encore ceux qui sont fichés au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT).

Si je me réjouis de constater qu’Emmanuel Macron semble rejoindre enfin les positions que je défends depuis plusieurs années à l’Assemblée nationale, je regrette le temps perdu.

Les grandes promesses ne suffisent plus. Les intentions affichées par Emmanuel Macron sont louables mais ce sont des actes concrets que les Français attendent pour plus d’efficacité dans la reconduite aux frontières des étrangers en situation irrégulière, a fortiori des étrangers délinquants.

Ainsi, pourquoi avoir balayé d’un revers de main toutes les mesures que j’ai défendues en ce sens lors de l’examen du projet de loi sécurité publique et lutte contre le terrorisme ?

En effet, mes amendements prévoyaient notamment une peine d’interdiction du territoire français prononcée par principe et une expulsion facilitée pour les étrangers coupables de tout délit ou crime passible au minimum d’une peine de cinq ans d’emprisonnement.

Dans un contexte de menace terroriste maximale, alors que 15% des personnes inscrites au FSPRT ( 18 500 noms) sont des étrangers, j’avais également proposé d’étendre le retrait de la carte de séjour aux étrangers figurants dans le FSPRT ainsi que l’expulsion des étrangers fichés «S».

Pour l’essentiel, le Gouvernement et la majorité m’ont opposé soit que le droit actuel était suffisant pour faire face à l’éloignement des étrangers présentant des risques, soit que le droit européen s’opposait à ces évolutions.

En cinq mois de mandature, Emmanuel Macron n’est toujours pas revenu sur la loi du 31 décembre 2012 adoptée sous le quinquennat de son prédécesseur qui avait supprimé le délit de séjour irrégulier. Comme je l’avais demandé dans ma proposition de loi relative à l’immigration du 25 janvier 2017, il est indispensable de rétablir le délit de séjour irrégulier pour redonner aux autorités de police les moyens de donner force à la loi et de faire respecter la réglementation en matière de séjour.

En prenant aujourd’hui de telles positions, le président de la République est en totale contradiction avec les actions mises en œuvre jusqu’alors et, encore la semaine dernière, au travers de son projet de loi de lutte contre le terrorisme.

Lien court : http://eciotti.fr/AgS
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