Max Gallo était un Niçois au service de la France

©J.-P. Guilloteau/L'Express

Max Gallo incarnait la France dont il a célébré le roman national par de nombreuses biographies historiques. C’est avec une immense peine que j’apprends le décès de ce grand écrivain, disparu aujourd’hui à l’âge de 85 ans.

A l’heure où certains se complaisent à dénigrer notre pays et son histoire, Max Gallo a mieux que quiconque célébré la France éternelle, son identité et ses grands hommes. Jamais, alors qu’il accédait aux plus hautes responsabilités nationales, il n’a oublié ses racines niçoises et populaires.

Il a évoqué dans La Baie des Anges le rôle majeur de ces immigrés italiens qui, fuyant la misère de leur pays et la montée du fascisme, ont bâti la Nice des années d’avant-guerre.

Historien, romancier et Académicien, mais aussi homme politique, député en 1981 de la première circonscription des Alpes-Maritimes que je représente aujourd’hui, Max Gallo était avant tout un homme engagé au service de son pays. Un pays qu’il aimait par-dessus tout.

Je garde en effet le souvenir d’un fervent républicain, qui a toujours su défendre l’identité française et la beauté de la France, à l’image d’un autre historien célèbre, Fernand Braudel. « J’écris pour qu’on ne puisse pas ensevelir les morts sous le silence et les assassiner ainsi une nouvelle fois. J’écris pour qu’ils revivent un jour », disait celui qui laissera des dizaines d’ouvrages, romans, essais, biographies, lui qui était connu pour sa force de travail et sa capacité d’écriture hors-normes.

Je garde aussi le souvenir d’un homme qui aura écrit un très beau discours prononcé par le président de la République Nicolas Sarkozy à la mémoire du dernier poilu de 1914, Lazare Ponticelli.

En novembre 2014 dans le cadre du centenaire de la Grande Guerre, et ce malgré sa maladie, il avait tenu à répondre à l’invitation du Conseil départemental des Alpes-Maritimes et avait enregistré un entretien avec Jérôme Béglé en amorce du  colloque « la Grande guerre : paroles et écritures ». Sa brillante analyse des causes et effets de la guerre avait impressionné le public et les spécialistes présents.

Des extraits de son magnifique ouvrage autobiographique « L’oubli est la ruse du diable » avaient été choisis pour rendre hommage aux écrivains niçois lors de la préparation du festival des mots de cette année.  Stéphane Freiss lira d’ailleurs, à Carros, un texte rempli d’humanité et de tendresse sur ses relations avec sa grand-mère et son père.  Lors de la  dernière soirée du festival, c’est Christophe Malavoy qui lira à Tourrettes-sur-Loup les pages où, profondément touché par la mort de sa fille Mathilde, Max Gallo s’interrogeait sur la vie et la mort.

Le parcours de Max Gallo est un exemple de la méritocratie à la française. Après un CAP de mécanicien ajusteur puis un bac mathématique et technique, ce fils d’immigrés italiens se passionne pour l’histoire jusqu’à obtenir l’agrégation, avant d’enseigner au Lycée Masséna puis à Sciences-Po Paris.

Alors que certains tentaient de réécrire l’histoire à des fins partisanes, il s’était élevé, parmi les premiers, contre le terme de « repentance » : « J’appartiens à une France fière d’être elle-même », disait-il. En un mot, Max Gallo est un exemple pour tous les citoyens d’aujourd’hui et ses multiples ouvrages seront une source d’inspiration pour l’avenir.

 

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1 réaction
  • Fargeas

    Un grand et bel écrivain Niçois

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