Plan immigration : « Le Gouvernement désarme nos frontières »

Avec 102 000 arrivées de migrants en Europe depuis le début de l’année 2017 la pression migratoire à nos frontières ne faiblit pas. Paris a été rebaptisée «  Le Nouveau  Calais » par le New York Times compte tenu des centaines de migrants qui campent dans les quartiers nord de la capitale. Quant à Nice, la ville assiste régulièrement à l’arrivée en toute illégalité de cortèges de migrants aidés sciemment par des associations pour faire pression sur l’État.

La présentation d’un plan immigration par le Gouvernement était incontournable. Pourtant ce plan arrive tard, deux mois après la nomination du Premier Ministre, et se révèle insuffisant. Loin de l’ambition affichée, ce plan d’action constitue une non-réponse à une question très grave. Le Gouvernement contourne la difficulté sans apporter de solutions.

Depuis plusieurs années, en tant que rapporteur du budget asile et orateur du Groupe Les Républicains sur les projets de loi portant réforme du droit d’asile, je tire la sonnette d’alarme sur les dérives d’un système à bout de souffle.

Dans mon rapport budgétaire asile 2017 j’évaluais le coût de la politique d’asile à 2,3 milliards d’euros pour 2016 et 2,5 milliards en 2017. Parallèlement, avec 96 % des personnes déboutées qui resteraient en France selon la Cour des comptes, la procédure d’asile est aujourd’hui devenue une voie légale pour l’immigration illégale.

Alors que le Gouvernement entend officiellement faire preuve de fermeté dans la lutte contre l’immigration illégale, je veux dire mon étonnement et mon inquiétude quand à l’absence de mesures anticipant la fin du contrôle à nos frontières intérieures mis en place à l’occasion de la COP 21 et dont l’arrêt est prévu le 11 novembre prochain. Comment la France va-t-elle contrôler ses frontières quand la libre circulation prévue par les accords de Schengen sera rétablie ?

De plus, si  Edouard Philippe a reconnu le faible taux de reconduite de clandestins à la frontière s’élevant à  24 700 en 2016 contre 29 600 en 2015, force est de constater qu’il n’apporte aucune solution viable à ce problème. En effet, sans une résolution de la question du contrôle aux frontières, toute tentative de renforcement des procédures d’éloignement restera lettre morte.

La situation migratoire est durablement explosive : l’Europe est confrontée à des flux continus et c’est à leur source même qu’il convient de les tarir. C’est pourquoi, au-delà d’une mobilisation forte de la diplomatie française, il y a urgence à ce que le chef de l’État engage une action européenne déterminée pour inciter les pays pourvoyeurs de migrants à y stabiliser leurs populations.

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