« II faut une indispensable clarification » : Retrouvez mon interview à Le Parisien

Le Parisien – Peu tendre avec ceux qui ont rejoint Emmanuel Macron, le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti assume, par ailleurs, son soutien à Laurent Wauquiez.

 

Ce mardi soir, votre bureau politique va statuer sur l’exclusion ou non d’Edouard Philippe, Bruno Le Maire, Thierry Solère et de tous ceux qui ont rejoint Emmanuel Macron. C’est une décision inévitable ?
Éric Ciotti. Ce qui est inévitable, c’est une indispensable clarification. On ne peut pas être à l’extérieur et à l’intérieur de notre famille politique. On ne peut pas exercer des responsabilités majeures au côté d’En Marche ! et être membre des Républicains. On voit bien que certains sont en service commandé pour faire éclater notre parti. Mais leur mission a échoué, même si elle nous a fait beaucoup de mal et a, sans doute, causé la perte d’une centaine de députés qui auraient mérité de siéger à l’Assemblée nationale.

 

Ils se définissent pourtant comme des gens responsables, qui préfèrent défendre l’intérêt général en oeuvrant auprès du gouvernement, plutôt que d’être dans une «opposition systématique»…
Certains ont tiré les conséquences de leur nouveau positionnement et je les respecte. C’est, semble-t-il, le cas d’Edouard Philippe et de Bruno Le Maire. Mais les autres souhaitent volontairement maintenir l’ambiguïté pour nuire à notre famille politique. Ce n’est plus acceptable. Si on est En Marche !, on ne peut plus être Républicains. Je récuse cette idée qu’il y aurait d’un côté des élus responsables et ouverts et de l’autre des élus obtus et fermés. La preuve, j’ai personnellement voté lors de la précédente mandature treize lois contre le terrorisme. Et c’est la même attitude qui me guidera dans les prochains mois au service de l’intérêt général. J’ai d’ailleurs voté le premier texte soumis à l’Assemblée, celui sur l’état d’urgence. Et je voterai celui sur la loi Travail.

Vous avez qualifié Thierry Solère de « professionnel de la trahison ». Vous assumez ces propos ?
Bien sûr que je les assume. Il suffit de regarder son parcours depuis quelques mois pour mesurer l’élasticité de ses convictions.

 

Lui rétorque que le procès devrait plutôt avoir lieu contre ceux qui ont soutenu Fillon, notamment au Trocadéro…
Je ne veux entrer dans aucune polémique. Moi, j’ai soutenu loyalement le candidat de ma famille politique pendant la présidentielle. Cela ne veut pas dire que je ne me suis pas posé de questions. Si tout le monde en avait fait autant, nous aurions évité ce second tour terrifiant entre Le Pen et Macron.

 

Comment voyez-vous l’avenir des Républicains ?
Je suis plus optimiste qu’il y a quelques semaines. Nous sommes toujours vivants, même si la double défaite a été très rude. Nous disposons du premier groupe d’opposition, avec 100 députés. Il nous faut maintenant retrouver une ligne idéologique. C’est tout l’enjeu des ateliers de la refondation que vient de lancer Bernard Accoyer. Et il nous faut aussi nous doter d’un nouveau président.

 

Certains redoutent pourtant que LR s’enferme dans une ligne identitaire et sécuritaire, comme celle que vous défendez, entre autres, avec Laurent Wauquiez…
Réduire sa démarche ou la mienne à une approche identitaire et sécuritaire relève de la caricature. Si Laurent Wauquiez est candidat à la présidence, je le soutiendrai. Car notre approche vise, au contraire, à rassembler et à parler à tout le monde, notamment aux jeunes, aux classes moyennes et populaires.

 

PROPOS RECUEILLIS PAR O.B

Lien court : http://eciotti.fr/2u4

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