« Notre devoir est de reconstruire un grand mouvement de droite populaire » : retrouvez mon interview à Paris Match

La droite se retrouve avec un groupe parlementaire réduit de moitié. Comment en est-elle arrivée là ?

Cette situation est la conséquence directe de l’échec à la présidentielle. Nous payons l’élimination au premier tour qui s’est joué à peu. Mais même si la défaite est de grande ampleur, contrairement au PS, Les Républicains sont toujours debout. Notre famille reste au plan local et national très puissante. Elle aura une responsabilité pour servir de garde-fou contre les ambiguïtés et menaces que représente ce nouveau pouvoir. Un pouvoir élu, non pas sur une adhésion, mais sur un rejet.

 

Quelles ambiguïtés et menaces?

Je trouve que le profil des élus En marche ! marqué par une grande inexpérience, laisse présager une faible cohérence à l’Assemblée. Ensuite, sur le fond, certains députés me font penser aux parlementaires italiens de Beppe Grillo.

 

Vous leur faites un procès d’intention?

Non, je constate que M. Macron et ses amis n’ont jamais éclairci leurs positions contre le communautarisme ou sur la politique migratoire. Or ces deux sujets sont au coeur des préoccupations de nos concitoyens et des menaces qui planent sur le pays. Au plan économique, je ne perçois pas plus un mouvement de réforme de grande ampleur tel que notre pays en aurait besoin. Il n’y a pas de réelle baisse de la dépense publique, et on continue avec l’augmentation de la fiscalité au travers de la hausse de la CSG.

 

Comment éviterez-vous l’explosion ?

Nous aurions pu disparaître dimanche soir. A moins de 50 députés LR, il n’y avait plus d’avenir pour la droite républicaine. Ce n’est pas le cas. Notre devoir est de reconstruire un grand mouvement de droite populaire. Je pense au RPR ou à l’UMP de Nicolas Sarkozy en 2007. Nous avions su attirer des Français de tous horizons et nous avions évité de laisser prospérer le FN. Nous pouvons rebâtir une belle et grande maison populaire. Pour cela, je pose deux conditions: avoir une ligne idéologique claire, c’est-à- dire refuser l’eau tiède et les positions divergentes permanentes, et trouver un chef légitime et incontesté.

 

Qui doit être ce chef ? Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse ou d’autres?

Ce débat est prématuré…

 

A droite, il y a les députés qui veulent voter la confiance à Edouard Philippe et ceux qui s’opposeront…

L’heure de vérité va vite venir. Il est hors de question que les députés LR donnent un blanc-seing au nouveau gouvernement. Ce serait trahir nos électeurs. Personnellement, je ne voterai pas la confiance. Ceux qui veulent le faire doivent clarifier leurs positions. Ils ne pourront pas indéfiniment être à la fois dans notre famille et dehors.

 

Les députés « Macron compatibles » doivent-ils être exclus ?

Après notre terrible défaite, il faut une attitude courageuse. Je suis partisan d’une clarification. Si on reste dans l’ambiguïté, nous rencontrerons les mêmes difficultés dans cinq ans. Je ne souhaite l’exclusion de personne; c’est à eux d’être cohérents. La seule motivation des quelques élus qui ont torpillé nos campagnes présidentielle et législative est d’asseoir leur propre carrière. Ils sont responsables de la défaite de 50 à 100 de nos compagnons.

 

Où en sont vos relations avec Christian Estrosi ?

Mon élection à Nice a été difficile, et elle n’en est que plus belle. Christian Estrosi, au mieux, ne m’a apporté aucun soutien et, au pire, a tout fait pour favoriser mon adversaire de La République En Marche. Je le regrette compte tenu de nos liens affectifs anciens. Son attitude ouvre une phase nouvelle dans nos relations.

 

Propos recueillis Bruno Jeudy.

 

 

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