Législatives – Eric Ciotti : « Je suis un élu responsable »

Eric Ciotti sur le port de Nice, au coeur de sa circonscription.

Eric Ciotti, député LR-UDI a réalisé 35 % des voix au premier tour. Il se pose en homme de valeurs et d’autorité. Retrouvez son interview à Nice-Matin.

 

Votre analyse du premier tour?

La vague En Marche ! au plan national, d’une très grande force, a propulsé des candidats sans aucune implantation, sans aucune expérience et sans aucun projet. Dans ce contexte très défavorable à ma famille politique, je suis satisfait de faire plus que résister, en obtenant au premier tour l’un des meilleurs scores au niveau national et le meilleur du département. J’y vois la forte adhésion des électeurs aux valeurs que je défends, mais aussi la force du lien personnel que j’ai tissé avec eux depuis des années.

 

Quel ressenti sur le terrain?

Tout au long de la campagne, j’ai reçu des messages de soutien, disant «Merci pour avoir été fidèle et clair.» Fidèle à vos idées et clair sur votre ligne. C’est aussi ça que les électeurs niçois ont voulu exprimer au premier tour.

 

Avez-vous senti de l’incompréhension chez les électeurs de droite vis-à-vis des Républicains Macron-compatibles?

J’ai ressenti plutôt de la sévérité. Je ne me situe pas dans une volonté d’exprimer une opposition sans concession à M. Macron. Je suis un élu responsable. J’ai le sens de l’intérêt général et de la nation et je crois l’avoir démontré lors de la précédente mandature où tout en étant un opposant déterminé à M. Hollande, j’ai voté à l’Assemblée treize lois contre le terrorisme. Je soutiendrai donc, demain, tous les projets qui iront dans le bon sens mais je ne souhaite naturellement pas donner un blanc-seing ou exprimer une confiance aveugle ou préalable. Ceux qui ont fait ça l’ont fait pour des places, pour des postes, pas pour des idées et c’est ce que les électeurs de droite leur reprochent.

 

Quelles mesures du gouvernement vous inquiètent particulièrement?

Des mesures inquiètent les électeurs : l’augmentation massive de la CSG. C’est une forme de continuité dans le matraquage fiscal. Cela va aboutir à une augmentation de la fiscalité de 21 milliards d’euros, loin d’être intégralement compensée par la baisse des cotisations salariales. Elle va frapper directement les retraités, les fonctionnaires et les indépendants. Je ne voterai jamais une telle mesure. Je sens aussi une très grande faiblesse de la part du pouvoir à s’opposer avec détermination à l’accroissement des flux migratoires. L’attitude de Macron sur ces questions vise à ouvrir plus largement les frontières, ce qui me paraît extrêmement dangereux. Et je constate avec inquiétude que, depuis la mise en place du nouveau gouvernement, pour la première fois, nous avons vu à quatre reprises arriver plusieurs centaines de migrants par groupes au coeur de Nice. Ils étaient précédemment interpellés à Menton et renvoyés en Italie. Je crains que cela ne signifie un changement de politique. Je ne perçois pas non plus de détermination à lutter contre le communautarisme islamiste.

 

Vous avez une vision différente de la France?

Oui, M. Macron considère que c’est une addition de communautés, je considère, moi, qu’il n’y a qu’une seule communauté nationale. Mon combat faire en sorte que la France reste la France.

 

Si vous êtes élu, allez-vous siéger avec des députés LR qui soutiendront la majorité présidentielle ?

L’heure de la clarification pour notre famille politique ne va pas tarder. On ne peut pas être à la fois dehors et dedans.

 

Pourquoi il ne faut pas voter pour votre adversaire ?

Elle incarne une vision de la Nation que je ne partage pas. Elle porte un projet que je ne cautionne pas, comme la hausse de la CSG qui va fragiliser les personnes les plus faibles, mais aussi sur l’ouverture plus grande de nos frontières. Parce qu’elle ne défendra pas avec la même détermination que moi les valeurs et l’autorité à l’Assemblée nationale. Enfin, pour qu’il n’y ait pas un parti totalement hégémonique à l’Assemblée, qui exprimerait une pensée unique sans expérience et sans repères. Le parti unique n’a jamais rien donné de bon en démocratie.

 

Propos recueillis par Stéphanie Gasiglia.

Lien court : http://eciotti.fr/1WU

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