Nos prisons sont saturées, il faut agir de toute urgence !

Un surveillant pénitentiaire à la maison d'arrêt de Nice

Depuis le début de la semaine, les surveillants des établissements pénitentiaires d’Île-de-France manifestent leur ras le bol et dénoncent le chaos pénitentiaire que connaît notre pays.

Outre une situation de surpopulation carcérale insoutenable – il y a aujourd’hui 69 430 détenus pour 58 660 places – ils critiquent leurs conditions de travail et le quotidien de violences tant verbales que physiques auquel ils sont soumis.

Dans ce contexte, j’ai rencontré cette après-midi les représentants des personnels des établissements pénitentiaires de Nice et de Grasse afin de leur exprimer mon soutien dans leur combat légitime. Ce combat fait écho à mes prises de positions ces dernières années. J’ai souvent alerté sur ce sujet et demandé des comptes au gouvernement. Cette fois, il faut agir.

En effet, dès 2011 dans mon rapport sur l’exécution des peines, je préconisais l’objectif de 80 000 places de prison à l’horizon 2017 que la loi de programmation sur l’exécution des peines adoptée en 2012 sous Nicolas Sarkozy entendait concrétiser. C’était sans compter le zèle et la capacité de grignotage de Mme Taubira et de M. Hollande qui, avec constance, ont sacrifié par antisarkozysme primaire ce projet sur l’autel de l’idéologie socialiste.

J’ai également écrit et rencontré le Garde des Sceaux pour l’alerter de l’urgence de la situation. Et bien que son plan de lutte contre la surpopulation carcérale annoncé en septembre dernier n’améliorera pas la situation, Jean-Jacques Urvoas a eu au moins le mérite de se saisir de cette question fondamentale totalement abandonnée par son prédécesseur.

Enfin, j’ai soutenu la position du Préfet des Alpes-Maritimes quant à la création de places de prison supplémentaires dans le département.

Aujourd’hui, nos prisons sont dangereusement saturées. Plus que jamais, il est nécessaire de doter la France d’une nouvelle politique pénitentiaire. Ce sera d’ailleurs un des enjeux majeurs du prochain quinquennat.

La France ne peut rester l’un des pays européens qui emprisonne le moins sous prétexte qu’elle ne dispose pas des capacités d’hébergements suffisantes en milieu carcéral. Il n’est plus tolérable que le taux d’incarcération soit de 103 détenus pour 100 000 habitants contre presque 140 en Espagne et 150 en Grande-Bretagne !

Lien court : http://eciotti.fr/BYJ
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