Ne rien lâcher!

Eric Ciotti à l'Assemblée nationale lors d'une séance de questions au Gouvernement

Chers amis, dans ce nouveau post, j’ai décidé de vous parler de mes propositions en matière de sécurité et de justice défendues cette semaine à l’Assemblée, de l’échec de la “déradicalisation”, de la primaire de la gauche et enfin d’Emmanuel Macron, lequel apparaît désormais comme l’héritier légitime du bilan de François Hollande.

Merci pour vos nombreux commentaires sur ma page Facebook. Mon article “Retour aux frontières” a suscité beaucoup de réactions et j’en suis heureux. Sur la forme, si ce texte était un peu long, c’est qu’il répond à une nouvelle volonté de ma part : prendre plus de temps pour se poser et détailler mes propositions. Par ailleurs, je n’ai pas encore de “titre” définitif pour ces nouveaux billets d’humeurs: n’hésitez pas à en proposer dans les commentaires.

Aujourd’hui, Internet nous impose d’aller toujours plus vite. C’est une forme de progrès. Mais il est bon, aussi, de réussir à débattre plus sereinement. Et comme le dit Marie dans l’un de ses commentaires laissés sur Facebook, de ne pas laisser le champ libre à la gauche quand il s’agit d’imposer nos idées! Trop longtemps, la gauche a obligé la droite à utiliser ses mots, son vocabulaire, ses formules. C’était un aveu de faiblesse.

Macron, l’héritier de Hollande

C’est un véritable combat culturel qui s’ouvre désormais devant nous. Car un homme poursuit son entreprise de mystification, à force de sondages savamment mis en scène dans la presse: Emmanuel Macron. Le trader de la politique, qui s’est contenté de faire un investissement sur François Hollande avant de le trahir. Un homme qui multiplie les meetings où, il est vrai, les curieux viennent en nombre. Mais un homme qui ne dit rien.

C’était flagrant samedi dernier, à Lyon, où le candidat d’ “En Marche!”  a multiplié les formules creuses, les lieux communs et les phrases toutes faites. Des exemples? “Ce mur de présence autour de moi, c’est la preuve vivante que nous sommes bien là”, “La laïcité, ce n’est une menace pour personne, c’est une liberté pour tous, et une exigence pour chacun” ou encore des leçons de morale sur ceux qui, dit-il, parlent avec leurs “aigreurs”. À ce niveau de vide, c’est une performance artistique! Un programme? Il n’en a pas! Et il est en fier. Ah, si, il promet un “catalogue de 200 mesures” pour fin février. On attend ça avec impatience. Nous dira-t-il encore que la culture française n’existe pas? Qu’il n’y a pas besoin de renforcer la laïcité en France? Nous dira-t-il aussi que le bilan de son mentor François Hollande est excellent? Si Emmanuel Macron ne dit rien, c’est qu’il y a une raison: il ne veut se fâcher avec personne. Il ne se justifie sur rien, ne promet rien… et donc ne fera rien.

Pour comprendre la mécanique Macron, il faut voir du côté de ses soutiens: Alain Minc, Pierre Bergé, Daniel Cohn-Bendit… Le système tremble! Et puis surtout, il y a un secret de polichinelle dans cette campagne présidentielle: depuis que François Hollande a renoncé à se présenter de nouveau devant les Français, plombé par un bilan catastrophique (6 millions de chômeurs, 9 millions de pauvres, une dette publique qui ne cesse d’augmenter…), le président de la République paraît loin de cette élection. Mais il a un candidat de cœur. Mieux: un fils spirituel, un héritier légitime, en la personne d’Emmanuel Macron. Chez eux, le même flou, les mêmes manœuvres.

À tous ceux qui veulent tenter l’aventure Emmanuel Macron, je suis obligé de rappeler que Macron, c’est la gauche! Macron, c’est Hollande! En ayant porté un frondeur comme candidat officiel du PS, le parti actuellement au pouvoir a en effet dévoilé son plan: ne pas assumer ce qu’il a fait depuis cinq ans (quel courage !) et se refermer sur sa base militante la plus dure, qui propose le programme le plus utopique et irréaliste qui soit (400 milliards pour un revenu universel qui signe l’aveu d’échec du PS face au chômage). Face à Benoît Hamon, c’est donc l’ancien ministre et conseiller Emmanuel Macron qui a désormais la lourde charge de porter seul le bilan, même s’il s’en cache aujourd’hui. A nous, dans les semaines qui viennent, de rétablir la vérité sur lui, sur le PS, sur la gauche.

Et si on obligeait les radicalisés à se déradicaliser?

Un exemple parmi d’autres dans cette entreprise de vérité que nous devons aux Français. Selon Europe 1, le centre de “déradicalisation” installé dans le château de Pontourny sur la commune de Beaumont-en-Véron (Indre-et-Loire), serait vide faute de volontaires. Il est pourtant ouvert depuis septembre dernier… Pire: le dernier pensionnaire a quitté le centre après avoir été condamné pour violences et apologie du terrorisme, deux mois seulement après son entrée…

Il semblerait qu’au lieu de le déradicaliser, son passage a amplifié sa haine de la France. C’était à prévoir, malheureusement… Car le plan d’action contre la radicalisation djihadiste annoncé par Manuel Valls, le 9 mai 2016, se heurte cruellement à la réalité… Si l’ouverture d’un tel centre de déradicalisation était évidemment une bonne chose, celui-ci reposait sur un postulat absurde: le volontariat du dispositif! A l’heure où notre pays fait  face à une menace terroriste qui ne faiblit pas, comme en atteste l’attaque au Carrousel du Louvre la semaine dernière, l’échec de ce dispositif nous appelle à rompre sans délai avec l’angélisme et les demi-mesures trop souvent mises en avant sous ce quinquennat.

Responsabilité

C’est ce que j’ai fait cette semaine en défendant, à l’Assemblée nationale, au nom du groupe les Républicains, une motion de renvoi préalable en commission relative au projet de loi sécurité publique présenté par le gouvernement. Nous avons toujours été fidèles à une ligne lorsqu’il s’agissait de renforcer la sécurité des Français: la responsabilité. Depuis 2012, j’ai proposé, débattu, amendé… Et nous l’avons encore fait cette semaine, en séance de nuit, pour enrichir ce texte présenté par le gouvernement et qui, s’il contient des mesures utiles réclamées de longue date par notre groupe, manque toutefois d’ambition au regard du contexte d’insécurité inédit auquel est confronté notre pays…

Ce texte intervient d’ailleurs dans un contexte tendu pour nos policiers. Si les faits graves qui sont reprochés à quatre policiers d’Aulnay-sous-Bois étaient avérés, leur sanction devra être exemplaire. Laissons d’ailleurs la justice faire son travail. Mais n’en profitons pas, comme le font certains, pour caricaturer la police et l’autorité républicaine. Alors que la menace terroriste est omniprésente et maximale, alors que la délinquance générale n’a cessé d’augmenter, la police républicaine fait son travail avec exemplarité… Il faut la soutenir.

C’est pourquoi j’ai défendu toute une série d’amendements dont une évolution de la légitime défense, pour que nos policiers puissent être mieux protégés. Nous devons protection à ceux qui nous protègent. C’est pourquoi aussi j’ai proposé de conférer un droit général pour l’ensemble des gendarmes et fonctionnaires de police à procéder à des contrôles d’identité, ce qui est aujourd’hui impossible, sauf dans le cadre de l’état d’urgence. Et c’est pourquoi je souhaite également l’armement obligatoire de la police municipale. Des inégalités existent entre la police nationale et municipale, les premiers devant porter une arme dans le cadre de leurs fonctions. Mais pensez-vous que les délinquants qui les prennent pour cible font la différence entre les deux? Aujourd’hui, les policiers municipaux sont confrontés au même danger d’insécurité.

Donner aux policiers les moyens d’accomplir leurs missions

Il faut décharger les policiers et diminuer leurs missions périphériques, que l’on appelle aussi “tâches indues”, pour permettre aux forces de sécurité intérieure de recentrer leur engagement sur cinq enjeux majeurs de la sécurité: la lutte contre le terrorisme, la meilleure élucidation des crimes et délits au bénéfice des victimes, le contrôle efficace des flux migratoires, le maintien de l’ordre et, enfin, la suppression des zones de non-droit dans tous les territoires de la République. Donnons à nos forces de sécurité les moyens d’accomplir ces missions avec efficacité: c’est l’urgence!

Je continuerai à faire dans les prochains jours des propositions en matière de sécurité et de justice. Sur la méthode, il faut d’ailleurs cesser d’opposer les deux, et dans ma proposition de loi dont je vous parlerai plus longuement très bientôt, les deux domaines seront associés et complémentaires. Face au délitement de l’autorité républicaine, il est plus que temps de réarmer l’État, de réhabiliter la sanction pénale et de responsabiliser tous ceux qui ont un rôle dans la sécurité et la prévention de la délinquance, par exemple les parents vis-à-vis de leurs enfants mineurs, pour s’attaquer au mal à la racine.

C’est ce que j’appelle les “3 R”. Aujourd’hui, les nouvelles menaces qui pèsent sur notre société (terrorisme, zones de non-droit…) et les milliers de peines qui ne sont plus exécutées faute de place en prison, nous obligent à reprendre les choses en main. Rétention administrative pour les individus qui présentent un danger pour la nation, isolement des détenus radicalisés dans les prisons, nouvelles prérogatives et nouveaux outils technologiques pour les forces de sécurité intérieure, création d’une cour d’assises spéciale contre le terrorisme … Enfin et surtout, lorsqu’une peine de prison est prononcée, elle doit être intégralement exécutée au risque, sinon, de nourrir un sentiment d’impunité chez les délinquants et d’affaiblir la crédibilité de la justice.. Nous devons construire des prisons. Nous devons mettre fin aux principes d’aménagement et de réduction automatique des peines qui doivent redevenir une exception.
Le temps de l’angélisme n’est plus de mise: à nous d’agir dès 2017 avec l’alternance que j’appelle de mes vœux.

Lien court : http://eciotti.fr/gTG
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