Retour aux frontières

Chers amis, dans ce post , j’ai décidé d’évoquer l’importance des frontières et mes propositions en matière d’immigration. Je viens juste de déposer deux textes à l’Assemblée nationale et je voulais m’en expliquer ici, avec vous, afin de susciter un débat qui me semble primordial aujourd’hui. À l’avenir, j’aimerais d’ailleurs échanger plus souvent avec vous ici. Je vais m’engager dans les prochaines semaines à publier plus de textes où je prends le temps d’expliquer, de comprendre, à vos côtés bien sûr, en n’hésitant pas à répondre à vos interrogations, afin de mieux saisir les enjeux politiques, culturels et économiques de notre pays. Nous sommes au début d’une année présidentielle d’une importance capitale et, le temps s’accélérant toujours plus, j’ai pensé que cet endroit pouvait être l’occasion de se rassembler pour comprendre et préparer la victoire en 2017.

J’entends depuis plusieurs semaines des voix qui s’élèvent pour défendre ceux qui bravent la loi, au nom de leur haine des frontières et du droit. Ces discours me choquent et, à vrai dire, ils me paraissent à la fois d’une extrême naïveté et sont même foncièrement dangereux. Je m’en explique. D’abord, ne nous y trompons pas: ceux qui agissent ainsi ne sont pas seulement animés par des valeurs de solidarité, comme ils le proclament trop facilement. Ils sont au service d’un projet politique que nous connaissons bien. Et leur objectif est double: jeter le discrédit sur nos forces de police, nos militaires, qui défendent vaillamment notre pays et agissent, chaque jour, dans l’intérêt général. Mais aussi dénoncer les frontières qu’ils détestent, sans voir que ce sont elles qui nous protègent.

Comme l’écrivait joliment l’écrivain Régis Debray, un monde sans frontière est “un monde sans dehors ni dedans”. Loin d’être une porte close, la frontière est une fenêtre: on l’ouvre ou on la ferme en fonction des circonstances. Elle stoppe ou laisse passer en fonction de la volonté de celui qui accueille. Elle détermine ce qui est “chez soi” et ce qui est “chez les autres”. La frontière est donc précieuse et protectrice. Car qui voudrait d’un monde sans limite et sans distinction? Ce monde-là, ce serait l’anarchie. Et je n’en veux pas. Depuis toujours, l’enfer est pavé de bonnes intentions. Quant à moi, je reste fidèle à ma ligne. C’est celle, notamment, du père Henri-Dominique Lacordaire: “Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime, et la loi qui affranchit”. Aujourd’hui encore, c’est la loi qui nous protège. C’est la loi, et ce sont nos frontières, qui permettent de répondre, notamment, aux angoisses des classes populaires qui sont menacées par une insécurité sociale, culturelle et identitaire, car les trois sont liées. Pour que la France reste la France, pour que nous puissions conserver notre mode de vie, notre culture, nos racines, la frontière est indispensable et je la défendrai.

Quant à ceux qui se réjouissent de transporter des migrants d’un pays à l’autre, se souciant peu des lois qu’ils enfreignent, ils n’ont que leurs bons sentiments à opposer à la misère et aux drames qui accompagnent l’immigration d’aujourd’hui. Plus de 5.000 personnes sont mortes en Méditerranée l’an dernier selon l’ONU, soit près de 1.200 de plus qu’en 2015. Un chiffre suffisamment grave pour qu’on ne se contente pas de mots car, loin d’être inactifs, certains jouissent de cette misère. Et en la matière, la misère rapporte gros… Pendant que des hommes, des femmes et des enfants meurent chaque jour, des passeurs gagnent toujours plus d’argent sur les failles d’un système que certains laissent décrépir.

Il est grand temps d’agir. Et notamment de rompre avec l’angélisme de la gauche, qui n’a pas su juguler ce phénomène et éviter cette tragédie qui frappe à nos portes. Dans le monde qui s’ouvre devant nous, le plus grand défi pour la France sera de répondre au besoin de protection des Français. C’est pourquoi je viens de déposer à l’Assemblée nationale deux propositions de loi qui proposent de revoir de fond en comble notre système face à l’immigration. Ces textes, ils sont prêts. Ils seront disponibles et pourront être transformés dès l’alternance que nous souhaitons et que nous préparons, à droite, avec notre candidat François Fillon. Votés dès l’été 2017, ces textes pourront être appliqués à l’automne suivant car il n’y plus une minute à perdre.

La première idée, c’est d’abord d’imposer un quota annuel d’immigrés, afin de mieux choisir parmi l’immigration familiale, économique et estudiantine. Tout le monde n’a pas vocation à venir s’installer en France. La gauche a, pendant trop longtemps, gagné la bataille des mots. Trop longtemps nous avons laissé prospérer un discours qui dénonçait les frontières. La conséquence, ce sont des désordres, des crises et des drames.

La seconde idée que je défends dans ces textes, c’est la réforme du droit d’asile, qui est complètement dévoyé aujourd’hui. D’autant que neuf déboutés sur dix restent en France… Il faut dire que la gauche n’a pas fait grand chose depuis 2012 pour encourager l’éloignement des clandestins. En bref, l’asile est devenu une voix légale pour l’immigration illégale. Une situation que nous ne pouvons pas accepter car la France, aujourd’hui, n’a plus les moyens d’accueillir autant d’immigrés.

Il faut aussi aller plus vite. À droite, nous souhaitons imposer un délai de quinze jours maximum pour le dépôt des demandes de droit d’asile. Les dossiers devront être examinés en quatre mois, contre neuf simplement aujourd’hui. Quant à ceux qui n’obtiennent pas d’autorisation, ils doivent être immédiatement reconduits à la frontière. Je veux également rétablir le délit de séjour irrégulier et renforcer les moyens de la police aux frontières, avec le recrutement de 660 agents supplémentaires.

Tout cet arsenal a un but: lutter contre l’immigration illégale et combattre toute forme de communautarisme qui menace notre société. Et cette lutte nous ramène toujours vers le même mot, si beau, si subtil, la frontière. C’est elle qui permet la mixité et le fameux “vivre-ensemble” dont les associations nous rabattent les oreilles depuis des années, sans comprendre que ce mot a perdu tout son sens quand des quartiers entiers de France sont, selon la terrible expression de Georges Bensoussan utilisée il y a maintenant quinze, des “territoires perdus de la République”. Ce serait une négligence impardonnable au regard de l’histoire que de détourner le regard encore une fois sur ces quartiers où, justement, il n’y plus aucune frontière entre le bien et le mal pour des adolescents qui ne respectent plus les lois. Ce serait une négligence impardonnable que d’oublier les agressions de nos policiers, le trafic de drogue et la délinquance qui prospèrent sur… l’absence de frontière morale.

La frontière défend les plus faibles, quand ceux qui la combattent sont souvent ceux qui sont déjà protégés d’un monde parfois hostile. À ce sujet, j’ai en mémoire cette phrase ironique et pourtant si juste d’Alain Finkielkraut, dans son livre “L’identité malheureuse”, publié chez Stock: “Les sympathiques bobos pratiquent eux-mêmes l’évitement par le choix de leur lieu de résidence et, plus encore, par celui de l’école où ils inscrivent leurs enfants. (…) Ils prônent l’abolition des frontières tout en érigeant soigneusement les leurs. Ils célèbrent la mixité et ils fuient la promiscuité. Ils font l’éloge du métissage mais cela ne les engage à rien sinon à se mettre en quatre pour obtenir la régularisation de leur «nounou» ou de leur femme de ménage. L’Autre, l’Autre, ils répètent sans cesse ce maître mot, mais c’est dans le confort de l’entre-soi qu’ils cultivent l’exotisme. Sont-ils cyniques? Sont-ils duplices? Non, ils sont leurs propres dupes. Ils croient ce qu’ils disent”.

Dans ce monde qui vient, il ne faut faire preuve d’aucune naïveté. Mais il faut aussi savoir agir avec humanité. Or aujourd’hui, qu’est-ce qui peut préserver l’humanité, sinon une dose suffisante de fermeté? La frontière est républicaine, elle est morale, elle est économique. Elle est surtout indispensable. Car si la frontière républicaine n’est pas respectée, ce sont d’autres frontières – ethniques, sociales, culturelles – qui se dresseront face à nous.

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