Éric Ciotti : « Il faut que la République arrête de reculer »

Eric Ciotti et Gilles Platret, maire de Chalone-sur-Saône, au premier meeting de Nicolas Sarkozy à Chateaurenard

Le Journal de Saône-et-Loire – Éric Ciotti, député LR et président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, est l’invité de la fête des Républicains de Saône-et-Loire ce dimanche au château de La Loyère. Il est aussi porte-parole de Nicolas Sarkozy

Vous êtes le porte-parole de Nicolas Sarkozy. On voit déjà le candidat très mobilisé sur les questions de sécurité et d’identité. Pensez-vous que la primaire et la présidentielle se joueront sur ces sujets ?

Ce sont des sujets majeurs qui préoccupent nos concitoyens, notamment au travers de la menace terroriste. Ils attendent que l’on fasse en sorte que, face à la menace communautariste, la France reste la France. Mais il y aura dans cette primaire d’autres sujets majeurs : les sujets économiques comme la lutte contre le chômage, le pouvoir d’achat, la défense du patrimoine des classes moyennes et des retraités Nicolas Sarkozy y accorde une part essentielle dans son livre. La primaire se jouera sur l’exigence de redresser la France. Cela implique une économie forte et une identité préservée.

Nicolas Sarkozy se lance dans sa troisième course à l’Élysée. Son expérience n’est elle pas aussi un handicap ?

Je ne le crois pas. Je crois au contraire que l’expérience est un atout. Quand on voit à quels résultats a conduit l’inexpérience de Monsieur Hollande, on ne peut que rechercher dans cette période de tempête pour la France un capitaine qui tiendra solidement la barre et qui ne perdra pas ses nerfs en pleine crise. Nicolas Sarkozy a démontré qu’il n’est jamais aussi efficace que pendant les crises. Et malheureusement, la période que nous traversons est une période de crise majeure.

La manière dont s’est tenu le débat de ces derniers jours sur le burkini a-t-elle été digne de la France ?

Certains ont voulu caricaturer ce débat. Moi, je rends hommage aux maires qui se sont élevés contre le communautarisme. Ceux qui ont pris sur les plages, et notamment dans mon département, des arrêtés anti-burkini. Mais aussi le maire socialiste de Sisco, en Corse. De la même façon, je rends hommage à Gilles Platret qui a démontré son courage en luttant de façon implacable à Chalon contre la montée du communautarisme. Le débat sur le burkini n’est pas un débat dérisoire. Le vêtement, au travers de l’expression ostentatoire d’une appartenance religieuse, pose la question du communautarisme en général. On voit bien qu’a travers le port du burkini, c’est une provocation et un défi qui est lancé à la République. Certains adeptes du politiquement correct et du renoncement permanent considéreront qu’il faut laisser faire et qu’on peut s’en accommoder, ce n’est pas mon cas. Il faut que la République arrête de reculer. À force de petits renoncements, on arrive à de grandes lâchetés et on est en train de construire une société multiculturelle. Pour moi, la France ne peut être l’addition de communautés religieuses. Il y a une seule communauté : c’est la communauté nationale.

Pour vous, ce qu’a fait le maire de Chalon en supprimant les menus de substitution au porc dans les écoles s’inscrit dans la même logique que les tentatives d’arrêtés anti-burkini ?

Bien sûr. C’est la logique qui vise à affirmer la prédominance des valeurs républicaines. C’est dire que la loi de la République est supérieure à toute règle religieuse. Dire que la République ne se dilue pas à la carte. La République doit être la même pour tous. Et Gilles Platret a été pionnier dans ce combat.

 

Propos recueillis par Benoit Montaggioni

Lien court : http://eciotti.fr/KEc
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