Tribune de Manuel Valls dans Le JDD : remettre en cause la loi de 1905 revient à dire que notre modèle républicain porte une part de responsabilité dans la guerre que subit la France

Fort dans les mots, faible dans les actes. Nous connaissons désormais bien cette doctrine, Manuel Valls l’a faite sienne. C’est ainsi que ce matin, dans les colonnes du JDD, le Premier ministre dresse un constat accablant sur un contre-modèle de société qui s’est développé sur fond de communautarisme et de fondamentalisme, tout en se fendant d’un « tout ne va pas si mal » particulièrement indigne compte tenu du nombre de victimes de l’islamisme radical. Mais ce bilan, s’il traduit aussi l’échec de plusieurs décennies de politiques publiques, est avant tout le bilan des compromissions de la gauche, qui, pour des raisons électorales, a renoncé à défendre le principe de laïcité, victime des coups de boutoir de l’islamisme politique radical.

En 2013, alors que je défendais ma proposition de loi visant à interdire le port de signes religieux au sein de l’entreprise, je déclarais : « Face à quelques uns qui voudraient défier nos lois et nos mœurs pour imposer un autre modèle de société, la République doit offrir un front uni. » Or ce front uni, le Gouvernement l’a refusé en rejetant ma proposition de loi au moment où, avec l’affaire de la crèche Babyloup, nous vivions les prémices du combat engagé contre les principes républicains par un islamisme politique conquérant. Plus tard, en août de la même année, celui qui était alors ministre de l’Intérieur jugeait qu’interdire le voile à l’université était une proposition « digne d’intérêt ». Il n’a pourtant jamais soutenu ma proposition de loi du 18 février 2015, refusant, une fois de plus, de passer des paroles aux actes.

À ce refus d’agir, s’ajoutent d’innombrables coups portés au principe de laïcité par la majorité socialiste et le Gouvernement, tel que l’autorisation par Najat Vallaud-Belkacem du port du voile par les mères accompagnatrices de sortie scolaire, proscrit par la précédent Gouvernement avec une circulaire de Luc Chatel. En 2015, un amendement à la loi Macron, finalement retiré suite à une levée de boucliers des Français, proposait même de remplacer certains jours fériés catholiques pas d’autres fêtes religieuses, remettant en cause l’identité et la culture de notre pays dans le seul but de flatter les communautarismes. Enfin, dans ce contexte de montée inédite des revendications religieuses, et alors que la loi interdisant le port du voile intégral dans l’espace public, promulguée par Nicolas Sarkozy en 2010, aurait dû prendre tout son sens, le nombre d’amendes dressées pour ce délit a baissé de 44% en 2015, traduisant là encore l’absence de volonté de ce Gouvernement. Plus récemment, le ministère de l’Éducation nationale autorisait le report des épreuves de rattrapage du baccalauréat 2016 pour les élèves musulmans fêtant la fin du ramadan.

Remettre en cause la loi de 1905 après 8 attentats terroristes revient à dire que notre modèle républicain, en vigueur depuis plus d’un siècle, porte une part de responsabilité dans la guerre que subit la France. Je m’inscris en faux et dénonce avec force cette vision culpabilisatrice du Premier ministre qui, évoquant un pacte avec l’islam de France et ouvrant la voie à un financement public des lieux de culte, auquel je suis totalement opposé, renie à demi-mot la loi de 1905. Il ne peut y avoir une République à la carte ! Ce n’est pas à la France de s’adapter à l’islam mais à l’islam de s’adapter à la France. Pour cela, il convient de réaffirmer avec forces nos valeurs et nos principes, au premier rang desquels le principe de laïcité. C’est en ce sens que je propose d’ajouter à notre devise républicaine le mot de « laïcité. »

La République a trop reculé parce que l’expression communautaire d’un autre modèle social, culturel et politique a été favorisée par une gauche aveuglée par l’idéologie de la diversité culturelle, du multiculturalisme et de la repentance, soucieuse de s’attacher l’électorat communautaire.

Lien court : http://eciotti.fr/y1t
1 réaction
  • DENISSE

    Monsieur le Député, Tout à fait d'accord avec vous sur les reculades de la gauche. Par contre, il me semble que l'on complexifie les choses, alors qu'il serait très simple, sans toucher à la loi de 1905, de solutionner le problème. En effet, pour exercer un métier indépendant, il faut non seulement avoir des diplômes bien définis, mais aussi un agrément: Pour être boulanger, il faut avoir un CAP d'un centre reconnu et agréé et être agréé par les service de l'hygiène. Pour être instituteur il faut une maîtrise d'une université reconnue et avoir réussi le concours de professeur des écoles. Et bien pour être prêtre, imam, rabbin, ... il suffirait d'imposer un niveau d'étude de type Maîtrise d'une université Française ou d'un centre d'enseignement Agréé, ET être agréé par les services du Ministère de l'intérieur (ce dernier étant ministre des cultes). Cet agrément (qui pourrait être retiré à tout moment) permettrait de contrôler qui enseigne, et de limiter ce droit à des personnes parlant Français, respectant nos lois et les principes qui régissent notre république. Cela empêcherait aussi des pays étranger de nommer en France des imams qui pour certains ne parlent même pas notre langue!

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