Lettre ouverte aux candidats à la présidence de l’UMP

Nous sommes des parlementaires ou des élus locaux membres de l’Union pour un mouvement populaire. Beaucoup d’entre nous ont participé en 2001 à la création de ce grand mouvement politique né de la volonté de surmonter les différences, devenues au fil du temps de plus en plus artificielles, entre le RPR, Démocratie libérale, les centristes et les radicaux. L’élection présidentielle de 2002 a définitivement validé cette stratégie, permis la création officielle de l’UMP avec à la clef les victoires aux législatives de 2002, puis aux élections présidentielle et législatives de 2007.

Nous avons connu en 2012 la défaite, puis une élection à la présidence de l’UMP dont le déroulement a été catastrophique pour notre mouvement. Nous n’étions pas au bout de nos peines. 2013 a vu le départ de notre famille politique de Jean-Louis Borloo et de parlementaires qui avaient jusqu’alors partagé nos combats et nos valeurs. Le premier semestre de 2014 nous a apporté la confirmation de l’ancrage territorial de l’UMP avec un très large succès lors des municipales. Mais ce succès a été suivi de la révélation des dérives financières qui ont entaché la gestion de notre mouvement en 2012. La justice en est désormais saisie.

Dans deux mois, les adhérents de l’UMP éliront un nouveau président. Parce que nous sommes restés fidèles à l’UMP, parce que nous regardons les valeurs sur lesquelles elle a été fondée comme plus que jamais actuelles, parce que nous croyons qu’elle doit être le fer de lance de l’alternance, nous attendons beaucoup de ce futur président.

Nous attendons d’abord qu’il assure le respect de la diversité des sensibilités qui composent aujourd’hui l’UMP. A défaut, le risque existe que l’UMP ne se réduise comme peau de chagrin. L’esprit fondateur de l’UMP – un large rassemblement – doit être retrouvé et, avec lui, l’élan porteur de nouvelles victoires. Nous ne croyons pas que le pluralisme soit synonyme de divisions, mais ua contraire qu’il est garant de l’unité de l’UMP. Encore faut-il organiser ce pluralisme. Une règle du jeu claire doit être définie pour traiter sur un pied d’égalité les sensibilités et les convaincre que, même minoritaire, elles ont toute leur place dans notre famille politique pourvu qu’elles en respectent les principes fondateurs.

Plus fondamentalement, l’UMP doit être dirigée par une véritable équipe. Et la première responsabilité de notre futur président doit être de constituer cette équipe à l’image de la diversité des sensibilités qui composent l’UMP.

Nous attendons aussi du futur président et de son équipe qu’ils prennent pleinement en compte les attentes des élus et notamment des parlementaires. Ce sont eux qui sont en première ligne dans le combat politique, mais notre mouvement ne leur en donne par toujours les moyens. Il est inadmissible par exemple qu’un député ne puisse pas disposer librement du fichier des adhérents de sa circonscription et la même remarque vaut pour un maire s’agissant des adhérents de sa commune. Les cadres de notre mouvement doivent travailler la main dans la main avec tous les élus et le moins que l’on puisse dire est que tel n’est pas le cas aujourd’hui. Enfin, les présidents de nos groupes parlementaires doivent être davantage associés à la définition des grandes orientations qui seront celles de l’UMP dans les années qui viennent.

Nous attendons encore du futur président et de son équipe qu’ils assurent une totale transparence sur la situation et la gestion financière de l’UMP. Au regarde des révélations du premier semestre 2014, cette exigence se passe de commentaires. Elle est la condition de l’honneur retrouvé de notre formation politique. Si elle n’était pas satisfaire dans les prochains mois, c’est le lien de confiance avec nos adhérents qui serait irrémédiablement compromis. Nous serions nombreux à en tirer les conséquences.

Nous attendons en quatrième lieu du futur président et de son équipe qu’ils fassent le pari des jeunes générations d’élus. Une des raison du succès de l’UMP aux élections municipales a été l’ouverture à de nouveaux candidats. Si nous voulons gagner les prochaines élections régionales ou départementales, il faut adopter la même démarche. Pour que ces nouveaux élus se reconnaissent dans l’UMP, ils doivent être soutenus par elle aussi bien pour les projets de leurs collectivités que dans leur dialogue avec leurs électeurs sur des enjeux de politique nationale. Ayant perdu la majorité des villes, le pouvoir socialistes est décidé à soumettre les collectivités territoriales à une cure d’austérité qui passe par une forte réduction des dotations de l’État. Une riposte politique d’ensemble s’impose et elle doit aller au-delà de la seule critique de la réforme territoriale improvisée par le gouvernement. L’UMP doit être le moteur d’une opposition intelligente au gouvernement. Il s’agit ensuite, sur le fondement de nos valeurs et d’un dialogue avec toutes les forces socio-professionnelles, de bâtir un projet à la hauteur des défis que la France doit affronter, qu’il s’agisse de la mondialisation, des avancées de la science ou des insuffisances de la construction européenne. La pédagogie de l’alternance doit être préférée au harcèlement médiatique comme aux surenchères programmatiques. D’ici à 2017, l’UMP doit susciter l’intérêt et asseoir sa crédibilité par la clarté et la rigueur de ses analyses, par la force et la pertinence de ses propositions, par la compétence et la sincérité de ses responsables et par son esprit d’équipe. En 2017, tout ne sera pas possible ou, en tout cas, pas tout de suite. Le futur projet de l’UMP doit être audacieux. La situation de la France ne s’accommodera pas de demi-mesures.

Dans l’opposition, l’UMP n’est pas seule. Nous attendons du futur président et de son équipe qu’après avoir rénové la maison commune, ils engagent un dialogue sur un pied d’égalité avec les autres composantes de l’opposition.

Reste la question de la primaire. Son principe a été adopté par nos adhérents à une très large majorité. La remettre en cause ferait voler en éclats l’UMP. La primaire est la condition d’un large rassemblement dès le premier tour de l’élection présidentielle autour du candidat qui en sera issu. C’est parce que l’opposition républicaine est plurielle que la désignation de son candidat à l’élection présidentielle passe par une primaire ouverte à tous les électeurs de la droite et du centre. Il y a urgence a préparer cette primaire. On ne consulte pas plusieurs millions d’électeurs dans l’improvisation logistique. Et la participation à la primaire sera d’autant plus élevée que le futur président de l’UMP et son équipe en auront discuté avec tous les responsables de la droite et du centre.

Voila ce que sont nos attentes et nos propositions. Aux adhérents de l’UMP d’y réfléchir et d’en discuter avant de forger leur choix. Aux candidats de s’en emparer et de nous répondre.

Bernard Accoyer, Philippe Bas, Dominique Bussereau, Alain Cadec, Isabelle Le Callenec, Caroiine Cayeux, Jérôme Chartier, Eric Ciotti, Henri de Raincourt, Dominique Dord, Hervé Gcttnard, Alain Larnassoure, Jean-Français Laniour, Pierre Lellouche, Jean Leonetti, Gérard Lônguet, Hervé Novelli, Valérie Pécresse, Bruno Retailleau et Eric Woerth

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